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 -| It's never as easy as we believe ~ Mathieu & Lia |-

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MessageSujet: -| It's never as easy as we believe ~ Mathieu & Lia |-   Mar 8 Juin - 21:57

    Je suis fatiguée d'avoir trop dormi seule, raide morte d'un mal dont le remède ignore jusqu'à la couleur de ma maladie. Mes pensées somnolent encore, épuisée par des rêves incertains, bien trop fugaces pour émerveiller mes espoirs perdus. Les matins pluvieux pardonnent facilement mes envolées et je sens la colère m'abandonner, tout doucement. Elle laisse quelques griffures dans ma tête que tous les sourires du monde peineraient à effacer.
    Les réveils avancés ne réussissent pas à mes idées abimées par trop de ratures. Je cale mon humeur sur les tintements du clocher, si ses coups sont pauvres, mes envies se perdront.

    Appuyée contre les vestiaires de notre intime équipe, je me laisse glisser jusqu'au sol froid qui viendra calmer mon tempérament. Le temps qui passe me rappelle qu'il est inutile d'en vouloir au monde entier ; je sais à m'éveiller que je détesterai d'ici quelque temps celle que je suis maintenant. Je regretterai certains songes assassins et mon mutisme latent. Vraiment, elle n'est pas du matin.

    Je me débarrasse avec lenteur de mon pantalon, hôte ma veste, et la moitié de mes faux semblants. La pluie râle contre les carreaux de la petite pièce qui me confine dans une impression satinée d'accomplissements divers. L'horloge vague à ses occupations, et la quiétude s'empare de mon visage résolu à l'idée d'avoir à travailler.
    Mes intentions se lèvent tandis que je reste là, à moitié nue derrière la petite planche de bois qui ne cache pas la moitié de mes jambes étendues. Finalement, heureusement que mon père l'a mise ici, elle est la seule note d'intimité que m'offre cette antre de virilité que j'aime du plus profond de mon être.

    Mon bleu de travail repose sur mes cuisses tandis que j'attends, perdue, un je ne sais quoi, un je ne sais plus.
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MessageSujet: Re: -| It's never as easy as we believe ~ Mathieu & Lia |-   Mer 9 Juin - 20:26


D'aussi loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais vu d'arc-en-ciel. Ni de loin, ni même de près. Ce n'est pourtant pas faute de les avoir traqué. Après la pluie j'attendais, dans l'espoir d'en embrasser un de mon regard fasciné. Afin de constater de mes yeux, s'il est grand, majestueux. S'il embelli le ciel tel qu'on se plait à le décrire. Mais aucun n'est venu jusqu'à moi, jamais.

Et je sais qu'aujourd'hui encore, mon souhait ne sera pas exaucé. Je le sais, car, toute la nuit durant, le sommeil n'a fait que m'échapper, et que mes oreilles bourdonnent encore, presque sourdes à trop avoir écouter mon cœur chanter un requiem qui m'est familier.
Cette journée, je le sais, sera amputé de tous sons, et terni par ces couleurs que je ne verrai jamais.

Mes pieds sont mon seul moyen de transport, aujourd'hui, et mon visage détrempé scrute le ciel en vain, dans l'espoir d'y apercevoir une éclair de soleil, une parabole de couleur qui me fait tant rêver. Et, c'est trempé du cœur au corps que je franchi le seuil du garage, laissant à la pluie le soin de me laver de toute morosité.

Mon esprit halluciné déambule dans la pièce, et guide mes pieds, sans que je n'ai à y penser. Tout ici est calme, et respire la sérénité. Le bonheur, la paix, la liberté. Mon lieu d'exil restera à jamais le plus beau qu'il m'est été donné de contempler, qu'importe l'atypique vénusté de ces lieux, que la plupart ne semble apte à remarquer. Une silhouette se dessine face à mon regard encore trempé de cette frustration atroce qui me colle à la peau et au cœur, et je comprends qu'une autre âme vient m'arracher au vide apaisant de ces lieux, latente, dos tourné.
Celle que je rêve d'aimer tant elle me plait.

Je me perds alors dans la contemplation de son être. Dans la courbure de son dos, la délicatesse de ses épaules, la cascade de ses cheveux de satin. Et j'imagine ses yeux, pensifs, lointains, miroir virulent de sincérité. Le bruit de mes pas étouffé par la symphonie de cette pluie qui ne cesse de tomber, je me rapproche avec une prudence teinté d'ébahissement, tant l'impression de marcher vers un mirage me trouble et m'oppresse.

« Tu pourrais, dis-moi, me peindre un arc-en-ciel si parfait qu'il en flirterait avec la réalité? » je lance en guise de bonjour matinal, caressant toujours de mes yeux la douce courbe de son dos.
Qu'elle dépeigne à l'encre de son âme un arc-en-ciel aussi lumineux que savent l'être ses yeux, même dans l'obscurité. Et que son chant déchire la cécité à laquelle cette nuit m'a condamné.




[ Quel titre de sujet, mon âme ♥
Puisqu'on est dans le HS, désolée pour cette réponse...
Mais pour ma défense, c'est mon premier post. Ca ira en s'arrangeant, j'espère :S
]
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MessageSujet: Re: -| It's never as easy as we believe ~ Mathieu & Lia |-   Lun 14 Juin - 12:32

    Je m'en veux d'être en colère, toute aveuglée par mes maux de ventre imaginaires. Je veux juste retourner dormir, m'étendre jusqu'à tout oublier rien que pour récupérer ma vie encore une fois. M'éveiller en me disant qu'aujourd'hui, je le verrai. Et sourire à cette pensée avant de retourner à la noirceur de l'aube qui transporte mes vagues à l'âme. Puis surtout me dire que cette journée sera différente de toutes les autres parce qu'elle emportera son lot de merveilles au creux des heures perdues, tout en espérant qu'absolument rien ne change mes habitudes. Rester moi, seule et mal aimée, parce que personne ne sait le faire correctement.

    La boule dans ma gorge semble s'atrophier avec le temps, elle se meurt pour rester cachée et s'impatiente d'un matin bien bien loin. Je sais qu'elle a hâte de me laisser aller me coucher, et je la comprends. Elle se dit qu'en y pensant vraiment... à quoi bon ?

    J'espère, rien qu'une toute petite seconde, que le type à la guitare sera là aujourd'hui, et plus tôt que d'habitude. Qu'il chantera un truc que je connais pour qu'enfin mes pensées puissent s'accrocher à sa guitare au lieu des cheveux de celui qui se fout des miens. Et je pourrai hurler à m'en écorcher la voix, qu'il n'a pas le droit, lui chanter à ma façon les plus brutes révélations, lui cacher que j'adore la savoir là en l'invitant à se casser de l'autre côté du pont. Je crois qu'il commence à deviner, que j'aime ses chansons.

    Enfin, la solitude explose comme la bulle d'un enfant qui aurait voulu tenter l'impossible en exagérant ses courbes. Trop grande, bien trop fine, elle se brise dans un silence profond teinté de toutes ses paillettes éternelles. J'espère que leur chute sera lente, j'aime me perdre dans leur contemplation. Parler, ce n'est pas pour maintenant.
    J'entends que l'on entre au vestiaire et mon ventre comprend immédiatement. Il sait comme personne ce qu'il ressent lorsque ces pas là se rapprochent de moi, les soubresauts quand ses mains viennent un peu trop près et il connait le moindre de mes frissons par son prénom.

    Je sais, tout simplement, que Mathieu vient d'entrer. Qu'il est là, plus près de moi qu'il ne le sera probablement jamais. Je souris au vide qui est notre paysage commun, notre seul terrain d'entente, l'accord que semblent avoir passé nos cœurs. Rien, c'est le mieux que l'on puisse partager, je le sais. Je mords cette lèvre qui déchire mes utopies, la punie d'une morsure parce que là n'est pas sa vie. J'attends qu'il parle le premier, parce que je ne sais jamais quoi dire à ces yeux-là. Ils doivent se moquer de moi.

- Tu pourrais, dis-moi, me peindre un arc-en-ciel si parfait qu'il en flirterait avec la réalité?

    J'accuse chaque syllabe que sa langue a versé sur moi d'un coup de cœur grandiloquent. Je déteste ce sentiment au moins autant qu'il adore me torturer. Sa phrase trouve en moi un écho saisissant, je l'étudie minutieusement pour ne jamais l'oublier jusqu'à la retrouver dans ces rêves qui nous réuniraient. Je voudrais qu'il songe qu'au-delà des arcs-en-ciel et leur réalité, c'est avec moi qu'il faudrait flirter.

    Ses mots me dérangent parce qu'ils sont prophètes. Je me relève en glissant mes jambes dans cette tunique bleue toute empreinte du cirage qu'y on laissé mes mains. J'abandonne la fermeture à mon nombril parce que ma poitrine est déjà suffisamment encombrée, elle suffoque tous les mots qu'elle voudrait l'entendre dire et étouffe de ne pas entendre son écho dans le cœur d'en face.

- Je l'ai fait juste hier soir. De chez moi, on pouvait en voir un si grand, si près que j'aurais juré qu'il entrait par ma fenêtre.

    Je prends une longue inspiration silencieuse sans me défaire du sourire qui s'était logé dans ma voix. Et puis, dans un geste assez doux pour ne pas me briser, je me retourne pour le voir enfin. Mon cœur rivalise aisément avec l'agitation de mes papillons et je me demande s'il est encore une partie de moi qui s'endort. Il est improbable de penser qu'il est encore plus beau que lorsque je l'avais laissé. Ses yeux ont-ils toujours été aussi bleus ?

    Je crois que c'est la pluie, qui a cet effet sur lui. Elle couche ses cheveux, les dérange si bien qu'on le croirait tout juste créé par un dieu plus inspiré que jamais. Chaque détail de lui me plait à m'en époustoufler. Je craque un sourire, incapable de le retenir plus longtemps. J'essaie à m'en faire mal de calmer les palpitations de mon cœur qui me trahirait lorsque je l'étreindrai. S'il ne se repose pas, je ne pourrai pas le toucher. Je torture mes intentions en les menaçant, me passe des films qui apaisent ses battements.

- Je pense qu'il t'aurait plu, je l'ai immortalisé du mieux que j'ai pu mais je n'ai pas réussi à le faire rentrer chez moi.

    Et toi non plus d'ailleurs, tu n'as pas encore su y rentrer alors que vraiment, le chemin n'est pas si compliqué.
    Je saisis ses épaules avec lenteur et étreints son buste rien qu'un instant trop court pour l'amour mais bien taillé pour un bonjour. Je laisse mes mains perchées sur lui, plonge dans ses yeux pour lui avouer que...

- J'aurais aimé que tu le vois.

    Mais pas mon tableau, parce que chaque note qui le compose est empreinte de toi. Toutes les couleurs sont tirées de ta réalité, et je prie pour que tu ne vois pas mon bleu, essence de tes yeux.
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MessageSujet: Re: -| It's never as easy as we believe ~ Mathieu & Lia |-   Lun 14 Juin - 21:20


Je compte chaque minutes, chaque secondes de cette horloge névrosée passés à attendre de voir son regard. La beauté envoutante de ses yeux ne serait pourtant rien sans cette intelligence, cette passion de vivre, cette capacité à émouvoir l'esprit et l'âme de ceux trop fous pour la contempler de trop près. Toute autre beauté surfaite ne saurait que ternir face à elle. Elles n'ont pas vécu assez ou assez fort pour posséder cette étincelle qui me fascine tant j'ai l'impression n'en avoir les sens ravagés.

D'un mouvement dont la sensualité semble lui échapper, elle remonte son bleu de travail, et vrille sur moi un regard qui m'arrache un frisson. « Je l'ai fait juste hier soir. De chez moi, on pouvait en voir un si grand, si près que j'aurais juré qu'il entrait par ma fenêtre. »

J'étouffe un cri entre mes lèvres serrées, et la hais soudain plus que je n'aurais jamais su l'envisager. Je la jalouse elle pour avoir su en surprendre un, et lui, pour avoir la chance d'avoir été peint à l'encre de ses doigts.
J'espère alors de mon âme entière qu'elle s'en est imprégnée, de cet arc-en-ciel inespéré, jusqu'à le laisser disparaître, lésé de toute couleur et de tout éclat.

« Je pense qu'il t'aurait plu, je l'ai immortalisé du mieux que j'ai pu mais je n'ai pas réussi à le faire rentrer chez moi. » Je laisse le son de sa voix courir en moi et annihiler toute colère, si bien que j'en oublie jusqu'à l'avoir été. J'admire cette faculté tout autant que je la crains, de peur de me perdre un jour, dans l'écho parfait de sa voix.

Le contact de ses mains me fait soudainement frémir, pour ne pas l'avoir vu venir, et je la sens se coller contre moi l'espace d'un instant infime renfermant en son sein la saveur d'une éternité parfaite en tout point.
Et j'aimerais hurler un « Putain ! » chargé d'effroi, tant j'aime la sensation de ses mains, toujours contre moi. « J'aurais aimé que tu le vois. » Mon esprit halluciné peine à retrouver le fil de ses pensées, et la conversation même semble, l'espace d'un instant, m'échapper.

Je l'imagine alors entrer dans mon monde, souveraine. La planter dans le décor qui veille sur mon sommeil. Des livres, des tas de livres, et des CD, entassés, abîmés. Serrés les uns contre les autres sur une étagère à bout de vie, surmonté d'un vieil appareil photo usé, et d'un bibelot démodé. La lampe de mon bureau grésille inlassablement, tout comme l'antique radio hérité de mon grand-père qui diffuse trois stations en même temps. Un vieux matelas à même le sol où les draps se confondent avec des milliers de papiers et de photos qui jonchent le plancher.
Et elle serait là, impériale, surveillant mon empire cristallisé de son regard bien trop beau pour être vrai.

Je craque un sourire et me rapproche d'elle, pour sentir sa respiration frôler ma peau. J'oublie la conversation du moment, puisqu'elle a si bien su s'extraire de mes pensées, et embrasse sa joue de mes lèvres encore trempés par cette averse que j'ai essuyé.
Mon corps farouchement opposé aux ordres que lui dictent ma pensée, je sens ma tête s'incliner, pour aller se perdre dans le creux de son cou. « La prochaine fois, préviens-moi, que je m'invite chez toi. » Ma voix n'est plus qu'un murmure, rendu roque par un je-ne-sais-quoi trop mal identifié. Et, dans un léger rire, je m'éloigne à nouveau d'elle, respirant à nouveau sans l'entrave de sa saveur déjà trop présente en moi.

Je soupire à l'idée de pénétrer un jour dans son intimité, et laisser la pièce s'imprégner de mon odeur si bien que jamais, elle ne serait en mesure de s'en défaire. Dans un élan de folie, je me vois écrire mon nom partout sur ses murs, et repeindre ses draps à la faveur de mes yeux. Et je pourrais finir par tout incendier, à la seule idée qu'un autre y soit entrer avant moi.
« Ne me laisses jamais entrer chez toi, Lia. » j'achève ma pensée que je rêve de lui transmettre de ma voix, tout le sérieux d'un monde contenu dans cette seule mise en garde. Pourtant, celle-ci, implacable, refuse de m'obéir, cette fois.

Je ferme les yeux, hermétique à tout ce qu'ils peuvent y voir, et met mes sens en sommeil, pour mieux me concentrer sur les mots qui me brulent tant de je rêve de les prononcer. « Décris-le moi. » je lance en une supplique que trop mal contrôlée. Laisses-moi contempler, à la lueur de tes yeux, un arc-en-ciel si beau que j'en ressortirai chamboulé, presque malgré moi.
Laisses-moi imaginer que je peux t'aimer, pour faire de ces rêveries, une réalité. Car, si je finis par t'aimer, je t'aimerais à jamais. Ainsi valseront mes rêves de liberté.
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MessageSujet: Re: -| It's never as easy as we believe ~ Mathieu & Lia |-   Jeu 17 Juin - 17:42

    Je sais à le sentir sous mes doigts qu'il est tout ce que j'ai toujours voulu, et ce que je voudrais jamais. Mon cœur tremble quand mes mains ne peuvent se le permettre et il mouille tout mon être de cette pluie qui lèche encore nos fenêtres. J'ai peur comme il n'est plus permis de douter et m'en veux si fort que plusieurs battements de cœur viennent à dérailler de leur symphonie bien orchestrée. Je crains qu'il me touche, j'ai peur qu'il me parle et je panique à mourir de le voir s'en aller. Parce que je sais que je le laisserais.

    Mais c'est le pire des rêves qui s'accomplit, il me sourit. Ses dents ont-elles toujours été aussi blanches ? Depuis quand a-t-il cette fossette au menton ? Pourquoi faut-il qu'il n'ait pas de défaut ? Chaque centimètre de moi sait qu'il a toujours, toujours été aussi beau. Et j'espère que sa beauté ne fanera jamais afin de pouvoir en profiter une éternité, le regarder de loin tandis qu'une autre, douée d'amour certain, caressera sa peau à la place de mes doigts. J'ai si froid, pourquoi ?

      Tu connais l’histoire du chien qui court après les trains ?

    J'aimerais anticiper ses gestes pour intimer à mon cœur un ordre léger, qui discrètement le fera taire pour qu'il ne traduise pas toutes ces craintes et pensées qu'il envoie à des kilomètres de moi dans chacun de ses battements d'ouragan.
    Et c'est évidemment sans que le monde ne m'y prépare qu'il se retrouve près de moi. Proche, oh si près... Je parviens à naviguer mon âme lorsque je le touche mais il suffit d'un seul de ses gestes pour qu'une tempête envahisse mon océan de tous les frissons d'un monde en colère. Le sang abandonne mes mains, coincé dans mon cœur qui n'assure plus du tout la circulation. J'ai cette impression de pouvoir mourir de la plus petite caresse. Et c'est d'un baiser qu'il m'achève. Il signe avec tendresse l'arrêt de mon cœur trempé d'une pluie toujours amoureuse de ses lèvres. Suis-je déjà morte ?

      Non...

- La prochaine fois, préviens-moi, que je m'invite chez toi.

    Il ne sait pas mon corps, il ne sait pas. Qu'en te relâchant il libère ta respiration qui s'en veut cruellement de ne pas avoir profité de son odeur, rien qu'un instant. Qu'en te murmurant un regret il déchaine cette armée de frissons repartis conquérir chaque surface libre de toi. Que c'est en s'éloignant finalement, qu'il t'offre un aperçu du trépas. Non, il ne sait pas.

    Mes impressions suffoquent le temps perdu et j'imagine en le voyant bien trop pour moi qu'on ne le rattrapera pas. Le laisser entrer chez moi... j'ai peur rien que de l'imaginer entre ces murs qui feront de mon salon sa prison. Ne serait-il pas plus juste de le laisser s'envoler ? Égoïste Lia, voleuse de lumière.
    Mathieu choisit cet instant pour fermer les yeux et les miens lui en veulent si fort qu'ils déchainent mille et une questions teintées de tout le regret de mes tempêtes. Rends-les moi, je t'en prie. Ne comprends-tu pas que j'ai besoin d'eux ? Je ne leur en veux pas seulement, le revers de ses paupières doit bien valoir le temps qu'il passe à les contempler plutôt qu'à s'attarder sur moi. J'adore le moindre de ses choix... pauvre Amélia.

      Eh bien il court après, mais il serait bien embêté d’en attraper un.

    La douleur. Mon dieu quelle douleur. Je la retiens avant même que les mots qui accompagnent sa liberté ne montent jusqu'à moi. Mon ventre se noue d'avoir à l'entendre étrangler quelques mots bien trop beaux pour ceux que je lui rendrai.

- Décris-le moi.

    Puisque le temps le permet, je me laisse tomber avec lenteur contre les vestiaires froids qui relèvent mes cheveux laissés, pour une fois, sans attache. J'attire son bras avec moi pour qu'il vienne s'asseoir tout à côté et emmerder cette horloge qui aura tôt fait de nous rappeler notre métier. Qu'il se taise le grand ennemi des gens heureux, l'angoisse des beautés maladives qui souffrent de se savoir condamnées; rien que cette fois, qu'il nous laisse en paix.

      Et bien quelque fois, nous, les hommes et les femmes, c’est la même chose. On rêve d’aimer quelqu’un et quand il ou elle est là sous nos yeux, on hésite.

    Épaule contre épaule, ma hanche frôlant la sienne, je regroupe toutes mes réserves de courage pour plonger mes yeux dans les siens, rien qu'une seconde, peut-être deux, peut-être trois... Puis m'empare de sa main que je m'empresse de retourner, paume offerte à un ciel voilé par tous ces nuages que j'adore tant ils sont joueurs, si pleins de toutes cette créativité qui répond à la mienne. Je la garde un instant entre mes deux mains qui viennent la réchauffer pour chasser les restes d'une pluie qui demeure sinueuse en mon cœur.

      Il y a l’amour et en même temps, il y a la peur.

    J'imagine, à la voir, qu'elle est parfaitement taillée pour absolument tout ce qui est correctement moulé, faite pour aimer, née d'un artiste qui aurait choisi de représenter sa propre perfection à travers les courbes d'une main bien plus douce qu'elle ne devrait l'être.
    Et puisqu'il m'est résolument impossible de lui refuser quoi que ce soit, j'obéis, et lui décris l'arc d'un ciel dont l'horizon sème tout doucement les moissons de nos vies.

- Il avait cette forme-là, je commence en retraçant de mon ongle, un brin de trop long pour le travail mais qui s'en soucie, la ligne qui creuse sa main comme une entaille parfaite de rondeur, tu vois il suivait exactement la route que ta main a tracée depuis longtemps.

    Je souris au vide, à un fantôme qui comprendra d'où sortent mes pensées. Heureuse de savoir qu'en réalité, cet arc il le connait. J'effleure un endroit précis de sa ligne.

- À partir d'ici, j'incline son poignet afin que le paysage revive, fidèle, il mourrait dans la mer, s'en allait de... l'autre côté du monde, surement. Il était si fin qu'il paraissait fragile mais il brillait si fort, Mathieu, qu'aucun doute n'est permis. Il était en vie.

    J'abreuve mon être en frissons, m'offre un infime séjour au paradis en prononçant son prénom dont les seules lettres électrisent ma nuque jusqu'à me déranger. Je regretterai surement chacune de mes syllabes ce soir ou même d'ici quelques heures, me sentirai stupide à en mourir de lui avoir parler comme l'on chante.

- Ensuite, une courbe identique à celle que tu vois là l'amenait jusqu'à moi et il grandissait, il grandissait, jusqu'à s'éteindre sans jamais disparaitre vraiment. C'est étrange mais il paraissait s'épaissir avec le temps, la courbure de son dos était parfaite et je pouvais distinguer chacune de ses superbes couleurs. J'aurais voulu le toucher.

    La peur m'empêche de laisser ma tête reposer sur son épaule, je m'interdis de toutes les fibres de ma chair maintenue en vie par la sienne, de m'étendre sur sa peau qui promettrait toute l'éternité à la mienne qui, cette folle, la croirait.

      La peur de quoi ?

Juste à gauche se trouvait la première, son violet. Un pourpre royal, intense et presque doux. Chaque couleur se fondait avec la voisine dans un mélange sorti tout droit de mes rêves. Il n'y en avait que sept mais j'aurais voulu ne jamais pouvoir arrêter de les compter, tant elles étaient belles. Elles étincelaient... Je ris dans le même murmure qui m'a faite taire pour incliner très légèrement mon visage vers le sien. Je suis désolée, j'ai peur de t'ennuyer.

      La peur d'aimer.
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MessageSujet: Re: -| It's never as easy as we believe ~ Mathieu & Lia |-   Sam 19 Juin - 21:12

Tout à mes rêves colorés qui savent si bien modeler mon être, je n'ai pas comprit. J'ai rouvert les yeux, et la lumière m'a si vivement blessé que j'aurais soudainement préféré les garder fermer jusqu'à la nuit tombée. Puis, son visage s'est imposé à ma vue, et je n'ai pu que vriller sur elle un regard attentif, alors qu'elle asseyait, m'entrainant à sa suite.

Son corps contre le mien, je laisse à mes yeux la chance de lire son cœur par leurs miroirs cristallins. Elle inspire à mon âme autant de sensations que son nom sait en porter. Amélia. La fragilité, la douceur, la candeur d'une femme. L'allégresse d'un roadtrip sur les routes brûlées du Texas, le goût acide d'un amour qui s'achève sur le quai d'une gare, la violence d'un meurtre de chambre d'hôtel. La beauté d'un ciel étoilé, la lucidité d'un sage passé, la beauté de ces anges oubliés.
J'aimerais pouvoir sonder son âme, et décrire son être. Passer outre ses yeux trop parfaits.

D'un geste que j'aurais aimé prévoir tant il me plait, elle saisit ma main glacée, qui semble se consumer au contact de ses doigts brulants. «  Il avait cette forme-là » De son ongle, elle suit le tracé d'une des lignes de ma main, et j'encourage son geste de toute mon âme teintée d'impatience. « Tu vois il suivait exactement la route que ta main a tracé depuis longtemps. »

Mes yeux suivent chacun des mouvements de ses doigts courant sur ma paume, et je laisse mon esprit dessiner cet arc que je me plais déjà à colorer. «  À partir d'ici, il mourrait dans la mer, s'en allait de... l'autre côté du monde, surement. Il était si fin qu'il paraissait fragile mais il brillait si fort, Mathieu, qu'aucun doute n'est permis. Il était en vie. » Bercé par l'ombre de sa voix, mon prénom me percute aussi violemment que s'il avait été crié. La vérité est dite, j'aime l'entendre le prononcer.

« Ensuite, une courbe identique à celle que tu vois là l'amenait jusqu'à moi et il grandissait, il grandissait, jusqu'à s'éteindre sans jamais disparaitre vraiment. C'est étrange mais il paraissait s'épaissir avec le temps, la courbure de son dos était parfaite et je pouvais distinguer chacune de ses superbes couleurs. J'aurais voulu le toucher. » Déjà, le décor devient flou, brouillé. Tout sombre dans le néant, pour ne laisser place qu'à cette ligne qui semble prendre vie, perdu dans le creux de ma main.

« Juste à gauche se trouvait la première, son violet. Un pourpre royal, intense et presque doux. Chaque couleur se fondait avec la voisine dans un mélange sorti tout droit de mes rêves. Il n'y en avait que sept mais j'aurais voulu ne jamais pouvoir arrêter de les compter, tant elles étaient belles. Elles étincelaient... »Les ténèbres, intenses et impénétrables, se referment peu à peu. Seul une voix semble percer le voile opaque s'empare de mon être, colorant l'obscurité de teintes plus belles que je n'en verrai jamais. Elles déchirent le néant, se mouvent au son d'une voix qui dépossède le néant de tout droit. Et des couleurs, bon sang, bien plus belles que le blanc immaculé d'un sol enneigé, plus belles que l'éclat du ciel au soleil couchant, plus belles que tout les nuances qui colorent ce monde.

Mais je sens, parce que la voix détentrice de cet univers se meure en un léger rire bien trop beau pour être vrai, que le rêve est terminé, que la réalité reprend ces droits sur cette hallucination qu'elle a su crée. « Je suis désolée, j'ai peur de t'ennuyer. » J'aimerais lui dire de continuer, pour ne jamais s'arrêter. L'écouter à m'en rendre sourd, la regarder à en finir aveuglé par les couleurs que les vibrations de sa voix savent animer.

Mais déjà, deux lueurs azures dansent à l'horizon, ils clignotent, éteints par les couleurs de cet arc-en-ciel rendu vivant par le simple son de sa voix, puis rallumés par la vacuité de mes sens qui serpente entre le réel et l'au delà. Le retour à la réalité, le silence. Le manque de couleur, et toujours, le bleu de ses yeux.

Le silence m'effraie tant la solitude lui est lié. La solitude m'étouffe, me détruit, m'écorche nuit après nuit, sans que je ne parvienne à éviter le fil du rasoir qui sonne comme un danger mortel. Mais il arrive un moment où l'agilité du funambule se désintègre, et l'acrobate saturé d'utopies vacille en priant pour ne pas chuter. Je tomberai, lorsque ta voix se sera éteinte à la fin de la journée. Et je me relèverai, le jour d'après.

Ma main quitte la sienne, et, dans une lenteur délibéré, se rapproche de son visage. J'ignore si je préfèrerais la voir fuir, ou subir mon toucher. Je ne sais plus.
Comme pour me souvenir de chaque seconde, je m'intime au calme, tandis que le bout de mes doigts tracent l'ovale de son visage. J'effleure de mes doigts bien trop rudes pour le mériter, la douceur d'un monde qui m'apparait soudain tout entier. Je ne dirige plus.
Mes doigts finissent leur course sur ses lèvres parfaites, et je sens que la limite à été dépassé, que ma main à fait plus qu'elle n'était autorisé. Frôler de trop près l'interdit, désirer ce qui soudainement, me paraît hors de portée. Je ne comprends plus.
L'espace d'une seconde, d'un instant, un souffle, j'aimerais être autorisé à l'aimer.

« J'ai comprit quelque chose, grâce à toi. » je murmure tel un secret, troublant de véracité. Ses yeux transpercent les miens, alizés gorgé de neige dans le creux de la nuit. La vérité est là, dans le timbre de sa voix. Je n'avais jamais vu d'arc-en-ciel, avant ça. « Ma vie semble cruellement manquer de couleurs, ma Lia. » Elle manque de toi.


Dernière édition par Mathieu Carr le Ven 1 Avr - 19:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: -| It's never as easy as we believe ~ Mathieu & Lia |-   Ven 1 Avr - 0:37


    Peur de t'aimer d'une folie pure parce que faite de tout ce qui se couche autour de nous. J'ai de la boue au cœur, la même qui vient colorer tes doigts la journée et se pose sur mes joues pour les enflammer. Peur, tellement peur rien qu'à m'entendre parler comme on lit, et d’imaginer qu'il souhaiterait se trouver dans un ailleurs sans moi. Je sabote mes essentiels pour faire de lui leur roi, massacre avec une tendresse écœurante toutes mes pulsions défaites de toi, mais surtout de cette crainte qui m'emmerde.
    La vérité, c'est qu'il m'est plus facile de sauter d'un pont un élastique aux pieds que de ne pas savoir te parler.

    Il me faudrait te le peindre à défaut de te le raconter, pour que tu le vives comme je l'ai éprouvé moi ce spectacle coloré venu se perdre dans mon salon. Et je ne conçois qu’une seule approche de l'art suffisant à mes idées qui toutes entières t'appartiennent désormais. Tatouée de ton nom, jusque sur mon âme qui jure n'avoir pas souffert, j'imagine la peinture sur mes doigts qui les uns après les autres iraient parcourir ton torse pour le découvrir en t'explorant ; j’aperçois déjà ses premiers rayons sous mes ongles qui grifferont ta chair avec une douceur ivre, malade d’une punition aussi feinte que tardive. Ces couleurs-là sont faites pour toi, et mes mains brulent tout un monde à ne pas l’avoir peint.

    Je m’invente un recul sur le présent, profitant du temps où ses yeux se perdent contre un rêve loin, sans nous. Je me déteste une seconde d’avoir l’air si con de toutes ces filles auxquelles je hurle d’évidentes atrocités lorsqu’elles chialent sur ma télé. Mais dis-lui, ça crève les yeux qu’il t’aime aussi ! Sauf que ce regard-là, il ne crève que moi.
    J’imagine ses pensées se ruer vers un refuge dont le parfum ne m’appartient pas, pense à l’amie qui comprend son cœur mieux que le mien qui se vante à postuler pour son bonheur. Je cherche ses yeux et l’idée de les trouver me bouffe l’estomac, il est moins douloureux de sauter d’une falaise avec pour seule arme une conviction de ne pas crever, alliée à un rire défait. Mathieu l’univers fait de toi la plus extrême de mes passions, tu seras ma mort, est-ce que tu le sens ?

    Sa main quitte la mienne et je sens une réponse à mes questions muettes qui entre elles s’énervent de ne danser qu’avec moi depuis si longtemps déjà… Donne-nous des cavaliers mon héros allez, offre-moi des possibilités, je boite de ne pas savoir ramper jusqu’à tes pieds. Notre proximité me consume et je prie n’importe quoi pour que tu n’entendes pas l’affolement de mon cœur et le moindre de ses battements. Je te jure qu’hier encore j’avais du cran.
    Mais c’est mon visage que son silence troublant préfèrera aller faire trembler. Je mords un sourire qui m’échappe tant le soulagement me perce, s’infiltrant dans le courant de mes veines comme une chaleur sensuelle, parce que soudaine. J’aimerais me voir rien qu’une seconde, à travers ces yeux-là.

    Pourvu qu’il n’aille pas toucher mon cœur, il se briserait d’être survolé de sa main plus douce que permis. La honte d’être surpris, engagé dans une course à laquelle il pense faire participer le sien l’anéantirait et c’est d’un bond plus furieux que les autres, qu’il irait finalement retrouver la place qu’il n’a jamais quittée. Tu l’as deviné, hein ? C’est devant toi, au creux de tes mains, ou à tes pieds qu’il ira gésir en chantant une dernière connerie, atroce de mièvrerie. Aime-moi malgré tout, chacun de mes battements portait ton nom. Ridicule, et pourtant.
    J’essaie si fort de taire mes pensées, voilà ses doigts qui les exécutent. Une à une, elles se taisent pour le laisser seul avec moi. Je n’ai en tête que le parfum de sa main et la pluie qui le garde frais, comme né pour calmer mes idées sans lui. Et les limites de ma retenue s’effondrent quand il effleure ma bouche. Je ne suis plus que mes lèvres et le reste du monde n’existe pas, n’a jamais tourné.


- J'ai compris quelque chose, grâce à toi. Ma vie semble cruellement manquer de couleurs, ma Lia

    Mon soupir semble venir d’ailleurs, du fond de mon cœur oublié, complètement absorbé par l’idée de crever dans une explosion imminente. « ma Lia » j’entends encore et encore. Je peine à étouffer le vacarme de son murmure, de notre secret d’un matin perdu de ne pas avoir su nous laisser valser. Mes douleurs me semblent sèches, oubliées, atrophiées. Je ne sais plus rien sinon le chemin de mes lèvres jusqu’aux siennes et jamais leur gout ne m’a aussi violemment tentée.
    Absorbée par la langueur de ses mouvements, je m’en imprègne pour caler ma main dans le creux de sa mâchoire parfaite et c’est moi qui frissonne à sentir sa joue se réchauffer. Je souris parce que son contact m’électrise quand nos corps se répondent. Ma chaleur jusque toi. Un frisson, de toi à moi.

    Je m’invente un cri de guerre amoureux, une connerie qui apostrophe le courage qui d’habitude ne me manque pas et effleure son nez du mien, ne pense plus, respire à peine. L’apogée de ma vie se créer dans une pulsion, je te laisse songer, mon cœur, à prendre soin de nos battements.
    Et c’est dans un sourire que j’autorise mes envies les plus profondes à caresser sa bouche, rien qu’une seconde. J'invente un baiser volé, un souffle contre sa bouche afin qu'elle vienne à moi... « ma Lia »
    Demeurant toute à lui, j’agace mes lèvres qui en réclament d’avantage, torturées à l’idée de mourir sans jamais l’avoir gouté vraiment. Je hais l'infime distance jusque lui.
    Achève-nous Mathieu, mes couleurs t'en supplient.

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