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 •• Sadly ever after [Colin & Jessy]

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MessageSujet: •• Sadly ever after [Colin & Jessy]   Dim 1 Mai - 20:19

Mon cœur en miettes se noie sous une averse démentiel que je ne parviens à endiguer. Foutu, il marque de ses battements un tempo vide de sens qui résonne en moi comme une litanie maudite, me rappelant que tout est fini. Mes yeux brouillés par les gouttes qui ne cessent de tomber cherchent mon point de rendez-vous, mon ancre, à laquelle me rattacher, dans cette débâcle de sentiments qui me piétine sans ménagement.

Je pousse la porte du bar, mouillée de la tête aux pieds, avant de m'y adosser, trempée, tremblante et chancelante. Mes cheveux et mes vêtements détrempent le sol de l'eau dont il sont gorgés, mais de mon cœur lui, rien de filtre. Je continue de me noyer, de l'intérieur, mon cœur pleurant un torrent de larmes qui se logent dans mon ventre pour me faire suffoquer.

Et l'agonie se prolonge lorsque la lumière qui tamise les lieux m'agresse violemment, me renvoyant à un futur déchu par la force d'un passé qui ne tarde pas à se dessiner.
Je me souviens des rires, de la douceur, du bonheur imprégnés dans ses murs. Des rimes murmurées de sa bouche, alors que son stylo dansait sur une feuille raturée. De ses sourires baignés d'amour, me renvoyant aux mots d'amour qu'il soufflait dans mon cou les nuits, me pensant endormie.

Mes yeux scannent la foule, tandis que ma main trouve mes cheveux dégoulinants et nouvellement teints. La blondeur ne m'a, en rien, apporté la force et le courage de Tina. Mon regard tremblant stoppe sa course sur une silhouette connu, et je fige sur mon visage un sourire qui s'étiole au rythme de mes pas. Ma main amorphe effleure la table, et mon regard accroche le sien, dans l'espoir d'y trouver un port d'attache, pour cesser de me noyer.
Mais même son regard ne parvient à écorcher la froideur de mes veines, à présent glacées d'angoisse.

« Je suis désolée, je suis en retard... J'avais oublié mon livre à la maison. Camus est resté à côté de ma lampe de chevet, alors je suis retournée le chercher. Mais j'ai loupé le bus, après ça. C'était sacrément horrible, il pleuvait des cordes dehors, et que je n'avais pas de parapluie. Je n'ai pas voulu attendre le suivant, alors je suis venue à pied. Mais il pleuvait. Et il y avait un homme Colin, oh, pas plus jeune que nous, caché sous un carton, en train de cracher ses poumons. Et ça, c'était horrible, parce qu'il n'avait nul part où aller, et qu'il était vraiment, vraiment trempé, même sous son carton. Il serrait un livre contre son torse, tu sais ? Il avait « A l'est d'Eden » collé contre son cœur, et ça, c'était sacrément horrible aussi, tu vois ? Je me suis dis que ça aurait pu être moi, ou toi, ou n'importe qui. Je me suis demandé comment j'aurais réagit, si j'avais été SDF, moi aussi. Et comment Tina aurait régit, et comment toi... Et il pleuvait tellement sur lui. Il pleuvait dedans comme dehors, je crois, et c'était sérieusement horrible, crois-moi. Je ne devais même pas prendre le bus, je ne devais pas le prendre. Pas parce qu'il pleut, mais parce que je devais me faire déposer... N... Il devait me déposer. Mais j'ai du prendre le bus, et je l'ai raté... »


Mon flot de parole tari, et ma voix se meurt, honteuse et fatiguée. Vide d'un je-ne-sais-quoi que je refuse de ressentir de peine d'y voir se fracasser les derniers espoirs de mon cœur fissuré, je laisse tomber mon corps à moitié mort sur la chaise en face de lui, sans même une onde de cette dignité que j'espérais pouvoir sauver du ras-de-marée.

Et sous cette pluie infernale, je me suis noyée Colin, ne sachant plus respirer. J'ai cru pouvoir fuir son ombre, panser mon cœur à l'abri des regards. J'ai cru pouvoir sauver les apparences et conserver mon sourire du froid. J'ai cru pouvoir vivre en sachant qu'il ne serait plus là. J'ai cru pouvoir être forte Colin, n'y suis pas parvenue.
Tout est terminé, désormais.

« Personne ne devrait finir seul et abandonné, sous la pluie. »

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MessageSujet: Re: •• Sadly ever after [Colin & Jessy]   Mer 15 Juin - 19:30

    Je me sens plus grand, plus beau, moins con. Je ne le suis pas, mais c'est ce que je ressens, car tout est plus beau, plus lumineux. Les couleurs du monde paraissent plus belles, comme si le soleil leur avait transmis toute sa chaleur. Et je sais pourquoi tout est plus beau. C'est parce que je suis heureux comme jamais. Vous vous demandez sûrement comment une personne qui est tout le temps heureuse se sent quand quelque chose de vraiment bien lui arrive, non ? Et bien voila : il se sent comme dans une bulle de bonheur, un cocon paradisiaque ou tout est plus intense. Je sais exactement ce qui me rend aussi heureux : je suis amoureux. D'habitude, je suis heureux sans raison. Mais pas là. Je sais, c'est con, comme situation, mais tout me parait plus beau, plus doux. A son image, à elle. Et rien ne peut entacher mon bonheur, car il est inspiré par la plus belle des princesses. Je m'en fiche que mes sentiments ne soient pas partagés, je me sens puissant de ressentir quelque chose d'aussi fort et beau. Ca ne m'était jamais arrivé, avant. Bien sûr, je préférerais pouvoir l'embrasser. Bien sûr, ça m'emmerde qu'un autre puisse le faire. Mais je ne m'en rendrais pas malheureux. Elle mérite le bonheur, et si ce n'est pas moi qui lui offre, tant pis. J'aime comparer mon amour à celui d'un chevalier. J'aime qu'il soit pur et désintéressé. Et j'aime par dessus tout que le simple fait de savoir que je vais voir son visage soit capable d'occulter la pluie de mon esprit. J'aime qu'elle soit capable de provoquer ça en moi. Comme la fois où elle m'a touché la main. Je ne vois plus du tout ce sentiment comme quelque chose de douloureux. C'était de l'ignorance. Jessy, j'aime que tu m'aies rendu plus amoureux de la vie que je ne l'étais déjà. Merci.

    Je ne suis jamais à l'heure nulle part. Je ne connais pas la notion de ponctualité et je l'ai toujours évitée. Je suis un retardataire dans l'âme, et je le vis bien. Je n'aime pas attendre, car l'attente est synonyme de trop de principes allant à l'encontre de ma philosophie ou de mes habitudes. Mais j'ai été prêt à faire un effort pour Jessy. Je me sens cucul, mais putain, je vous jure, j'adore ça. J'ai hâte de la voir, mais aussi parce que je sais qu'elle aime la ponctualité. A défaut de me faire aimer d'elle, je cherche à lui faire plaisir.

    Ce à quoi je ne me serais jamais attendu, c'est que Jessy, elle, soit en retard. Je trouverais ce retournement de situation terriblement amusant, si ce n'était pas extrêmement inquiétant... Et s'il lui était arrivé quelque chose ? Je ne suis pas du tout un inquiet de nature, mais c'est une fille fragile, Jessy. Elle a l'air tellement facile à briser. C'est comme une poupée de porcelaine. Elle est belle, douce... N'importe quel abruti est capable de s'en apercevoir et de chercher à en tirer avantage. Et même sans ça. Il pleut fort, aujourd'hui. N'importe quoi pourrait arriver : un accident, un taxi qui cherche à l'escroquer en passant par tous les petits chemins qui lui feraient perdre de l'argent, une grève de bus, Nate ou Tina l'empêchant de sortir... Je secoue la tête, me forçant à rire de ma propre paranoïa. C'est mignon, mais qu'est ce que c'est con, un Colin amoureux. D'ailleurs, enlevez le "li" et ça donne "con amoureux". Je ne veux pas que ça me rende abruti, mais je me dis, pour me rassurer, que ça aurait pu être pire : j'aurais pu être amoureux de Tina... Quand on y réfléchit, Tony est beaucoup plus dans la merde que moi.

    Soudain, le silence se fait dans ma tête, alors que je La vois entrer dans le bar. C'est fou, elle ne m'avait jamais fait cette effet-là, avant. J'ai l'impression d'être dans un film où tout le monde arrête de parler quand la belle héroïne entre quelque part, à ceci près que le seul qui la ferme, c'est moi. Et ce qui me choque le plus, c'est que c'est tout nouveau. La vérité est même pire que cette affirmation : la toute première fois que je l'ai rencontrée, je ne l'avais même pas remarquée. Pas de coup de foudre ou d'admiration. Je n'ai pas du tout fait attention à elle. C'était l'effet Tina, et je m'en excuse. Par la suite, elle a commencé à m'intéresser, en tant qu'amie d'abord. Je me rendais compte que la voir me faisait de plus en plus plaisir, mais je n'ai rien imaginé. C'est normal d'aimer voir ses amis, surtout une fille comme Jessy. Puis elle m'a touché la main, et depuis je ne l'ai pas revue. Mais pendant son absence, elle est devenue une telle source d'obsession, à habiter toute mes pensées, qu'aujourd'hui, j'ai l'impression de rencontrer ma rock-star préférée pour la première fois. Signe ton nom sur mon coeur, s'il te plait.

    Je la regarde s'adosser à la porte, trempée et fatiguée. Je suis rassurée qu'elle aille bien, pourtant quelque chose me choque dans son allure. Il y a un truc qui ne va pas, mais je n'arrive pas à comprendre quoi.

    Elle débite un flot de paroles en s'approchant qui me fait froncer les sourcils. Déjà, pour commencer, j'ai pas compris un broc de sa tirade. Ensuite, je n'aime pas le ton de sa voix, paniqué et sans couleur, comme vide d'émotions positives. Ca ce n'est pas Jessy. Un truc est arrivé, je le sens dans mes tripes. Son retard était déjà un signe alarmant, mais là, sa détresse, ça me fout juste complètement les jetons. Peu importe ce qui l'a mise dans cet état, je casserai toutes les dents qu'il faudra pour réparer ça. Si c'est le temps qui ne la branche pas, je démonterai monsieur météo pour qu'il change ses prédictions. No problem, c'est comme si c'était fait. Il va savoir ce que ça veut dire, de prévoir de la pluie dans la ville du soleil. Il est con aussi, on n'est pas à Boston, ici. Ils ne sont pas préparés à la pluie.

    Comme j'ai rien compris à son monologue, je ne réponds pas. De toute façon, à part "Je ne vois pas pourquoi on deviendrait SDF", je n'ai pas vraiment de réponse à lui fournir. Parce que c'est vrai, quoi. J'ai une maison jaune, je veux la garder. Je me contente d'observer Jessy. Non, vraiment, il y a un truc qui cloche. Peut-être son regard triste, qui fait s'envoler ma bonne humeur. Ou alors son allure de joli petit chien mouillé. Je ne sais pas, mais j'ai l'impression d'avoir loupé un gros changement dans sa vie. Je me sens con de ne pas deviner, c'est un truc que je devrais savoir, c'est ça ?


« Personne ne devrait finir seul et abandonné, sous la pluie. »

    J'écarquille les yeux devant l'apparente douleur qu'elle ressent en énonçant cette vérité, et je sens alors la colère monter en moi. Pas contre elle, bien sûr. Mais de toute évidence, cette fille qu'on se tue à vouloir protéger, tous, se sent seule et abandonnée et en souffre. Une idée affreusement logique et en même temps, absolument absurde me vient en tête, et je m'en veux d'être celui qui y pense, compte-tenu de la situation : serait-il possible que Jessy et Nathanaël aient des problèmes de couple ?


- Jessy, qu'est-ce qu'il se passe ?

    J'essaie d'accrocher son regard, mais avant d'y parvenir, le mien se perd soudain dans ses cheveux. Mouillés, c'était pas évident à comprendre, mais c'est sûr, c'est eux qui ne sont pas normaux. C'était ça, le truc qui clochait.


- Mais... Je rêve ou tu es blonde ?

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MessageSujet: Re: •• Sadly ever after [Colin & Jessy]   Mar 11 Oct - 19:37

Et le froid court contre ma peau, s'y infiltre, prend possession de mon être entier. De mes os à mon cœur, de mes tripes à mes douleurs, le froid s'impose comme seul maitre de mon corps. Toutes les parcelles de moi, autrefois signés de son nom, semble maintenant appartenir au froid.

La sensation est étrange, de se savoir ainsi noyée, emportée dans les profondeur d'un lac gelé, mais de pouvoir malgré tout respirer. C'est incongru, aussi ridicule que de demander à un infirme de marcher, courir, danser...
Je ne suis pas noyée, juste brisée.


- Jessy, qu'est-ce qu'il se passe ?

J'ai soupiré doucement, parce que la réponse refuse de venir, d'être dite. Devenir universelle l'effraie, alors elle se terre sous ma chair, quelque part dans mes veines. Parce qu'elle sait qu'elle se verra dite et répétée, entendue et modifiée, elle se tait. Son cœur m'a abandonné, mais le mien ne l'a pas encore quitté.

Et Tina, Max, Tony... Je les connais comme je les aime, connais la passion de leurs cœurs comme je sais qu'ils refuseront de me voir ainsi brisée. Mais les cris et les poings ne peuvent rien contre un cœur amoché, et la vérité veut que celui de Nate le soit surement autant que le mien. Il saigne de se savoir trop grand pour un homme seul, de se refuser à faire du mal à qui que ce soit au point d'en sacrifier son propre bien.

- Mais... Je rêve ou tu es blonde ?


Mes yeux sont revenus vers lui, et j'ai ri. J'ai ri comme d'autres auraient pu lui dire « merci ». Merci d'être là, d'être lui. Et mon rire a ricoché contre ma peau, ballottant contre lui un écho étranger, douloureux parce que porteur de mes maux.
Et mon rire s'est éteint, comme coupable d'éclore ainsi, de sonner si faux face à lui. J'ai dans le fond du cœur la sensation étrange de ne plus être tout à fait vrai, tout à fait moi.


« Oh, ça ? Ca me choque moi-même, tu sais, de me voir blonde. »


J'ai craqué un sourire, au souvenir de mon reflet, de cette idée qui ne m'a en rien aidé. Je voulais le courage et la force de ma meilleure amie, n'ai gagné que le droit de ressembler à une poupée.
Je n'ai pas le caractère de Tina, ne l'aurai jamais, qu'importe la couleur de mes cheveux ou la lueur dans le fond de mes yeux. Tina est celle qui lutte et m'aide à me relever, quand je chute d'avoir trop aimé.
Je ne sais pas combattre, seulement aimer. Aimer, aimer, et aimer encore plus fort, après ça. Et cette seule vérité suffit à me définir toute entière, depuis des années déjà.


« Je ne sais même pas à quoi j'ai pensé, pour être honnête... On a fait ça avec Tina, l'autre jour, sur un coup de tête. »


Alors j'apprendrai à panser mon cœur, là où d'autres le laisse agoniser pou y faire naitre la rancœur ; réapprendrai à rire sans en saigner, à sourire de me savoir vivante et aussi choyée que je l'ai toujours été. Je bâtirai un futur nouveau, autrefois pensé pour deux, et aimerai, aimerai, aimerai encore, jusqu'au dernier soupire de mon cœur.

Fais-moi rire Colin, que je me reconstruise.


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MessageSujet: Re: •• Sadly ever after [Colin & Jessy]   Dim 5 Avr - 22:58

« Mais pourquoi ? » Chantent mes tripes. Pourquoi Jessy ne ressemble plus à Jessy ? Pourquoi je ne la trouve pas plus jolie qu'avant ? Pourquoi ? Pourquoi ? Elle rit, se fout probablement de mes yeux, à ce moment-là. Mais j'y peux rien. Jessy est blonde. C'est con, mais ça me fait chier, comme si quelqu'un avait cherché à la saboter, sans y parvenir. Qui t'a fait ça, Jessy ? Je promets de leur faire manger leur crête. Tu dormais, quand c'est arrivé, dis moi ? T'étais pas là, t'étais pas chez toi. Ils ont posé cette couleur sur tes cheveux pendant que tu regardais ailleurs. T'as pas pu vouloir ça. T'as pas pu vouloir changer ta peau, elle est si bien comme elle est. Jessy, s'il te plait, ne devient pas ces filles qui pourraient même pas voir tes mollets même en essayant de regarder plus haut que le ciel.

« Oh, ça ? Ca me choque moi-même, tu sais, de me voir blonde. »

Tu m'étonnes. Ca doit faire un choc de se lever un jour avec une autre couleur de cheveux, comme si quelqu'un avait essayé de te remplacer. Je savais que la condition de Tina était contagieuse. T'as dû choper ça comme on attrape un rhume. Mais ça se soigne, j'en suis sûr.

« Je ne sais même pas à quoi j'ai pensé, pour être honnête... On a fait ça avec Tina, l'autre jour, sur un coup de tête. »

C'est à elle qu'il aurait fallu lui mettre, le coup de tête, à la seconde où elle a accepté d'être ta complice dans ce sabotage. Putain, mais Jessy, pourquoi ? Tu vaux mieux que ça. T'es belle, si belle que j'en ai mal au pied à force de piétiner dans ton ombre. Qui t'a convaincu de changer le moindre aspect de toi ? Tu vois pas ces filles qui voudraient être toi ? Elles s'en rendent même pas compte elle-mêmes, mais moi je le sais, elles voudraient toutes avoir ton naturel, tes adorables sourires quand tu lèves la tête et que tu remarques qu'on te regarde. Ton air concentré quand tu lis. Ton rire quand je dis une connerie plus grosse que moi. Ton regard serein qui à lui seul peut calmer les ardeurs de toute la bande. Tout ce qui fait que tu es toi. Ton intelligence, tes pomettes, tes yeux. Tes cheveux. J'espère que Tina s'est tapé fort sur les doigts.

- T'aimais plus être parfaite ?

J'ai l'air d'un gamin, quand je demande ça je le sais. Parce que cette question est le fruit d'une incompréhension totale. Comme si on venait de me dire que le ciel n'était plus bleu, les nuages n'étaient plus blanc, l'océan n'était plus fait avec de l'eau. Le brun est devenue doré. Pourtant, aucune valeur n'a été ajouté. On ne peut pas améliorer le parfait.

- Pas que tu ne le sois plus, hein. Mais...

J'sais pas comment finir ma phrase, j'sais pas quoi dire, parce que les filles aiment pas quand on critique leurs nouvelles coiffures. Jessy a jamais été comme ça, mais elle est devenue blonde, donc je ne sais plus rien. J'attrape une de ses mèches mouillées, joue avec. J'pourrais m'y faire, je crois. Y'a rien qu'elle ferait qui pourrait changer ce que je ressens, j'me dis. Si elle se mettait à chanter « Amazing Grace » en pétant, je suis sûr que ça pourrait devenir ma chanson préférée.

Je fronce les sourcils, puis me marre dans un souffle. J'l'ai jamais entendu péter, Jessy.

- Une fois, quand j'étais gamin, j'ai teint le chien de ma grand-mère. Avant ça, il avait des longs poils tout blanc. Après mon passage, il était devenu tout bleu. J'ai fait ça sur un coup de tête aussi. J'ai jamais vu mon grand-père aussi énervé. Il était super rouge, il avait une veine sur le front. Quand il a gueulé, ça a réveillé toute la barraque, je comprenais rien à cause de son accent irlandais. J'ai plus pu m'assoir pendant deux jours. J'lui raconte, sans quitter sa mèche des yeux.

J'me marre à nouveau. Putain, ce que c'était beau. Y'a pas de moral à mon histoire. J'avais juste besoin de confier cette anecdote. J'sais pas pourquoi. J'm'en rappelais même pas y'a deux secondes. J'crois même que ma bouche s'en est souvenu avant moi. Ou mon cul, peut-être.

Je lâche sa mèche, détaille ses yeux, qui eux, n'ont pas changé. J'essaie de sourire, mais j'sais plus où est ma tête. Perdue quelque part dans son regard.

- Tout va bien ? J'lui demande me rappelant son entrée ici et sa nouvelle couleur de cheveux.

Pour un peu, je m'inquiéterais.

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