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 -| "Sometimes you feel like you don't have a body" |- {Libre}

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MessageSujet: -| "Sometimes you feel like you don't have a body" |- {Libre}   Mer 15 Juin - 13:54

Je ne recherche pas la solitude. Elle m'habite. Elle s'insinue dans tous les pores de ma peau, empoisonne mon sang et donne à mon coeur des allures de plaies béantes qui dévore en silence mes bonnes volontés. Mon âme se débat, mais bientôt, elle sera aspirée. Je n'ai rien, je le sais. Je suis voué à me transformer en néant, car la lumière me fuit. Et ceci ne sont que les mots que j'aurais écrit, si j'avais eu un papier, un stylo ou l'envie de me plaindre. Mais les mots ne sont pas efficaces pour décrire la détresse. Alors on ne les prononce pas, et ça ira comme ça.

Je préfère encore me perdre dans l'infini qui s'allonge sous mes yeux, cherchant un repère au delà de l'horizon. Je reste assis, je ne fais rien, je pense, j'imagine, je m'inspire et me perd. Elle est ici, la grande différence entre mon frère et moi. Il ne peut pas se perdre, car le monde tourne autour de lui. Je ne peux pas me retrouver, car tout change au rythme de ses pas. Il est un Dieu, et on ne me voit pas. Rémi aurait été un meilleur frère. Je suis désolé.

Je ne suis pas malheureux, j'aime ces moments où je suis seul, car il n'y a personne pour me montrer que l'on ne me voit pas, ou que je ne vaux rien. Personne pour jeter des braises sur le feu qui me consume en engageant un conflit dans mon esprit. Une part de moi veut les secouer pour leur montrer qui je suis. L'autre veut la faire taire. Ca n'en vaut pas la peine. Je ne vois pas de raison pour hurler que l'on doit m'écouter, honnêtement, je n'ai rien à dire. Pourquoi chercher à se faire voir lorsque l'on n'a rien à montrer ? Amanda l'a prouvé : je ne suis bon qu'à faire semblant d'exister.

Et si un jour l'océan devait parler, je suis sûr qu'il me dirait d'aller me perdre ailleurs que sur ses plages... A condition qu'il m'ait remarqué.
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MessageSujet: Re: -| "Sometimes you feel like you don't have a body" |- {Libre}   Ven 7 Oct - 1:08



J’ai cette envie furieuse de me désincarner, depuis que je suis levée. Mon cœur déraille, il semble dire à mon corps qu’il ne souffle pas, qu’aujourd’hui, rien ne suffira. J’aimerais pouvoir peler ma peau comme une orange, ranger précieusement les lambeaux de moi dans une boite à images avant de m’évader, rien qu’un instant, vers un au-delà à hauteur de moi. Je souhaite que mon corps rejoigne ma tête et qu’enfin, je sois complète.

Elle se secoue, ma tête, alertée par la dangerosité de mes pensées qui entre elles se cognent, rivalisant d’audace et de rêveries en scandant un prénom qui me possède et qui à l’intérieur d’elles, s’étalent de tout son long. Mon ventre se joint à la partie et j’ai l’impression qu’il retient un otage vivant tant il chahute. Un sourire se fait mordre par mes lèvres, quand je comprends. Des papillons, par dizaines… tous blancs, sauf un qui porte la couleur de mon sang comme un étendard, un appel à l’érotisme luxuriant de la vie d’avant, d’après, de toujours et de jamais. J’ai très envie de dessiner et sers mon crayon entre mes doigts écorchés par la journée d’hier.

Je médite mes phalanges, les pieds dans l’eau dont le sel me ronge les plaies. C’est pas normal, je me dis, d’adorer avoir mal. Mais la douleur m’apaise tant elle me fait me sentir vivante, si bien que je l’attise lorsqu’elle me perd. Si mon corps possède la moindre coupure, fatigue, plaie ou courbature j’appuie sans relâche sur mon petit mal jusqu’à en épuiser les ressources qui abandonnent la partie avant moi. Je vis pour les petits malheurs de la vie, parce que toujours plus faibles que le moindre sourire de lui.

Une silhouette seule se détache sur l’étendue de sable et je craque su ce profil courbé qui me parle, qui me plait. Je saisis mon cahier de croquis et laisse ses feuilles se déchainer sous le faible vent jusqu’à tomber sur une page vierge, abime éternelle aux pouvoirs sacrés. Le néant me pétrifie et je grimace à la vue de cette étendue sépia qui me renvoie à l’inaccompli, à la mort, aux incompétences, au vide qui ronge les autres et leurs défaillances. C’est trop pur, trop parfait, ça craint. Calant le bloc contre mon avant-bras, je donne un grand coup de fusain aléatoire contre le papier qui l’accueille comme le messie. Soulagée jusque dans mon âme, je soupire une connerie avant de donner une réelle identité à ce trait solitaire. Ce sera son dos plane et courbe à la fois, d’un fascinant que j’immortalise, lui donnant une tête et puis de longues jambes. Une petite transe me possède et j’avance encore, les yeux partagés entre mon dessin et le modèle involontaire de mon inspiration désincarnée. Je ne suis plus que mes doigts, mes ongles peints en noirs, mes longues phalanges toutes rayées de fines écorchures, mes jointures que j’ai probablement dessinées plus que n’importe quel autre chose au monde, en faisant des montagnes pleines de secrets, des dunes enneigés par un impossible qui me tente comme je l’épouserai.

Ma marche m’avance rapidement jusqu’à l’origine de mon ouvrage nouveau et je m’imagine depuis ses yeux, unique silhouette sans pieds émergeant de l’eau pour venir le trouver. Je m’ajoute à l’arrière-plan, invente une perspective onirique, irréelle d’un temps qu’on aurait plié afin qu’il s’accorde à notre volonté. Obsédée par la pâleur qui guette le dos de mon inconnu, comme un gouffre sans âme ouvert sur son innocence, je le rature et en fais la réplique de cet arbre sombre et majestueux auquel je dois mes écorchures. Je l’impose à mon dessin tel que je l’ai vu depuis son sommet plein d’épines, fais de lui la majesté des plantes, doyen de la forêt qui tout doucement se meurt, triste d’être aussi seul, beau d’être si grand.

J’impose un léger recul à mes yeux, contemple l’ensemble de mon dessin, le trouvant riche. La silhouette du jeune homme domine la scène, l’arbre sinistre et merveilleux contre son dos, avec l’ombre d’une Lia sortie des eaux pour unique témoin de son errance magnétique. Je pense à y ajouter Eddie, dans un coin mais me ravise, un sourire au bord des yeux. Il manque un mot qui viendrait trôner là, au dessus de la tête de cette belle âme qui me transcende comme un poème.

Maintenant arrivée en face de lui, j’essaie d’apercevoir son visage, préparant sur le mien un vague sourire poli. Je croise ses yeux qui immédiatement m’en rappellent d’autres et sens mes joues s’enflammer, tandis que les papillons se taisent, couchant leur peuple contre mon estomac en ne laissant voler que le rouge, qui vole comme possédé. Un baiser empourpre ma mémoire, mes joues et mes lèvres. Ma bouche entre les dents, j’ajoute un mot unique derrière le profil dessiné du jeune homme, l’écrit de ces lettres que je réserve au dessin, servant mon écriture la plus belle à cet improbable destin.

Il me regarde comme je l’ai vu et une vague de chaleur coupable me fait rougir, se propageant dans mes veines. J’espère si fort ne pas être prise pour une folle qui serait venue se planter là pour le regarder être lui en le privant d’un peu de son horizon. Je souris une tentative de paraître saine d’esprit, ma désincarnation sous les doigts. Ses yeux sont plus profonds que l’eau emprisonnant mes jambes dans un cercle de caresses infinies, je m’aperçois qu’il est tout proche, à portée de voix.


─ Tu ressembles à quelqu’un qui viendrait de jeter une bouteille à la mer. Je suis désolée de te déranger, je ne fais que passer. Promis, je cherche pas à te harceler, c'est juste que je suis embêtée. J’ai envie de foutre une bouteille à l’eau maintenant et je me demande comment faire.

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MessageSujet: Re: -| "Sometimes you feel like you don't have a body" |- {Libre}   Mer 10 Oct - 11:20


    Une silhouette se dessine dans mon champ de vision, mais je décide de lui faire subir le sort qui m’est en général réservé et tente de l’ignorer. La beauté du spectacle ne m’échappe cependant pas, l’horizon se dessinant derrière ses longs cheveux aussi noirs que les miens portés par le vent. Il y a comme un sentiment de plénitude qui s’en dégage, comme si elle était faite pour se retrouver au milieu de l’union entre le ciel et l’océan. Les pieds dans l’eau et la tête dans les nuages, elle s’offre un contraste que je voudrais écrire tellement il m’inspire. Elle a les yeux si clairs, que je vois un peu de Tony en elle quand je me rends compte d’à quel point ils sont hypnotiques. Pourquoi les miens ne le sont-ils pas ? Un détail m’interpelle alors. Elle me voit. Elle rougit. Incroyable ! Je n’ose me permettre d’imaginer que je provoque cet effet chez elle. Je dois forcément lui rappeler quelqu’un, ou la perturber dans sa contemplation, comme si elle m’avait surpris à la regarder se déshabiller. Il se peut qu’elle soit pudique au point de se sentir désarmée lorsqu’une âme se retrouve là où l’on espérait être seul. Je ne suis pas de ceux-là, mais peut-être en est-elle. Mon cœur apprécie assez le spectacle, cependant, pour sentir un regain de vie le faire s’animer et je sais que même si ce rougissement n’était une manière de signifier que je dérangeais sa solitude, le fait est qu’elle m’a remarqué, et que j’ai provoqué une réaction, chez quelqu’un, bonne ou mauvaise.

    ─ Tu ressembles à quelqu’un qui viendrait de jeter une bouteille à la mer.

    Je ne réponds pas, mais mon souffle se perd. Une bouteille à la mer, un message de détresse. Ce n’est pas ce que je suis venu faire. Je suis venu éviter le regard de ceux qui ne me voient pas. Je fuis mais ne demande pas d’aide. Pour quoi faire, qu’est-ce que cela m’apporterait ? Si quelqu’un m’offrait sa considération, qu’en ferais-je ? Je n’ai rien à offrir. Je n’ai aucune raison de me débattre contre mon isolement. Alors, je le recherche.

    – Je suis désolée de te déranger, je ne fais que passer.

    Elle s’excuse de me voir et alors que ce constat me frappe, je me dis que c’était bien, de ne pas être invisible, l’espace de quelques instants. Ces belles minutes durant lesquels sa peau blanche s’est animée d’une couleur vermeille, anagramme de « merveille ». Mais elle va disparaitre et je serai seul à nouveau.

    – Promis, je cherche pas à te harceler, c'est juste que je suis embêtée.

    Mon regard emprunte l’expression d’un intérêt poli alors que j’essaie de l’encourager à exposer son problème. Il est très rare que l’on se confie à moi, pourtant je me sens prêt à accueillir le trésor de ses états d’âme au creux de la mienne, qu’il soit futile ou non. A défaut de me faire entendre, je me promets d’écouter, trouvant une utilité bien placée dans mes silences.

    – J’ai envie de foutre une bouteille à l’eau maintenant et je me demande comment faire.

    Je reste quelques secondes à la regarder et passe mes doigts sur mes lèvres, en pleine réflexion. Je n’ai jamais été doué pour appeler à l’aide, mais il me semble qu’elle vient de le faire, non ? Le sable accroché à mes doigts me distrait un moment quand ses grains s’en prennent à ma bouche. Je ne cherche pas tout de suite à m’en débarrasser, leur caresse rugueuse me donnant une idée. Je m’essuie les babines d’un revers de main et me redresse pour me mettre à genou pour une position plus confortable.


« Attends, je vais te montrer »


    Je m’improvise professeur et m’invente un tableau sur lequel mon doigt glisse. Dans le sable, je dessine un point d’interrogation que j’illustre d’un petit sourire aussi discret que moi. Je lève les yeux vers elle, lui fait signe d’approcher.


« Je n’ai pas de bouteille, les miennes ont foutu le camp avant que j’ai pu imaginer les utiliser. »


    Mon pauvre sourire toujours plus ou moins accroché à mes lèvres, mon cœur saigne la vérité que je viens d’énoncer. Je ne sais pas pourquoi je lui dis ça. J’imagine que ses yeux ne me rappelle pas tant ceux de mon frère que les miens, après tout. S’ils sont lumineux comme ceux de Tony, ils ont l’air de cacher autant de secrets que mon propre regard.


« Mais si tu écris ton message ici, l’océan viendra le chercher. »


    Je regarde à nouveau mon point d’interrogation et l’envie de l’effacer me prend comme un besoin de chialer viendrait emmerder une fille mal lunée. Même l’océan ne saurait décrypter sa signification, mais moi, je le sais. La question est gravée dans chacun des grains que j’ai repoussé pour creuser le mal de mon existence.


« Cela dit, si tu préfères, je peux aussi écouter. »


    Que fais-je ici ?

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Dernière édition par Kyllian Raith le Dim 20 Mar - 15:18, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: -| "Sometimes you feel like you don't have a body" |- {Libre}   Jeu 2 Juil - 12:11


Sur un papier déjà jauni, j’écrirai « Pitié, venez-moi en aide. » pour attirer l’attention d’un poisson. « Venez récupérer la sirène que vous avez foutu sur le trottoir. Reprenez-le ou j’en fais du sushi. » et jetterai le tout au-delà de l’horizon, énergisée par ma colère envers son foutu passe-temps. Mais aussi fort que je puisse m’imaginer lancer mon SOS, il risque de ne jamais quitter ma peau. Il collera à mes doigts comme ses notes à mes veines et son chant sur mes tempes. Oui, « je me demande comment faire » je m’entends demander, pour parler sa langue et réussir à l’aborder en m’en faisant comprendre.

« Attends, je vais te montrer »

Je craque un sourire en coin, surprise que ma confuse intrusion soit acceptée sans condition. Le sentiment étrange qui m’a prise au réveil ne quitte toutefois pas mon crâne. J’ai la sensation étrange ne pas être tout à fait là. D’être plus âme que femme. Je me sens n’être qu’un échantillon fluet et minable de ce que le monde orchestre de meilleur. Rien qu’une poussière d’étoile.
Le jeune homme me fait signe d’approcher et je m’exécute, les yeux rivés sur le symbole qu’il vient de tracer dans le sable. Je prends place à côté de lui pour le voir à l’endroit, harponnant son regard dont l’azur profond fait dérailler mes pensées un instant.

« Je n’ai pas de bouteille, les miennes ont foutu le camp avant que j’ai pu imaginer les utiliser. »

L’arc de mon sourcil l’interroge. Sa remarque, appuyée par la douceur maladive suspendue à ses lèvres, me parait terriblement intime. Je médite au rythme des vagues sur son étrange confession. J’ignore quoi lui répondre, sinon qu’il peut prendre l’une des miennes. J’ai des bouteilles à revendre.
Il y a une part de moi que je tais, la traitant comme une maladie. J’en isole les symptômes, jurant qu’ils sont humains, me disant que sans ça, je vais bien. Il y a tout un côté de mon âme qui pourrit à l’ombre des lumières que nos phares braquent sur les villes et son agonie commence à se faire sentir. J’ignore, me faisant mal, la détresse de ma pauvre carcasse occidentale. Les appels au secours, très peu pour moi.

« Mais si tu écris ton message ici, l’océan viendra le chercher. »

Mes yeux suivent la direction des siens, braqués sur un point d’interrogation. Un instinct millénaire pousse l’intérieur de mon ventre, m’inspirant une furieuse envie de le materner et le protéger de ses pensées cruelles. Ce que l’on pourrait méprendre pour de l’humilité se révèle être un mal-être dépareillant avec ses traits d’ange. Que t’est-il arrivé, petit Apollon ?
Je remarque, inspirée par ses hésitations, qu’il est de ceux qui m’obsèdent parfois. Les vies fantômes qui hantent nos rues et sur lesquelles l’on ne s’étend qu’à peine. J’enrage de ne pas me soucier d’eux d’avantage. Et mes désirs chialent en plein jour, s’arrêtant auprès d’un bleu qui borde mon cœur, parce qu’un souvenir me mange les efforts. J’imagine les malheureux, les tristes profonds, ceux qui n’ont pas ma chance insolente. Mes songes s’embarquent à des milliers de kilomètres de ce corps que j’habille et teste avec violence ; peu des gens qui font du quotidien un monde ne m’inspirent.

« Cela dit, si tu préfères, je peux aussi écouter. »

Je reporte mes yeux égarés sur sa peau. J’essaie de percer le voile triste couché sur ses beaux yeux, me demandant qui l’a foutu là, depuis combien de temps il l’aveugle, ce qu’il faudrait pour le lui enlever. J’hoche la tête en souriant, incrédule. Le voici généreux, en plus d’être doux et plus séduisant que la moitié de nos êtres de fiction. Je pointe le sable du menton.

T’es une sorte de génie des maths ou un amoureux de l’océan ?

Pour savoir avec précision quand et comment faire partir mes bouteilles imaginaires. Pour mettre, comme ça, l’endroit à l’envers parce que c’est plus beau, plus poétique. Moins pratique, plus proche de la vie. L’envie me prend d’éradiquer ses doutes. J’approche deux doigts du dessin qu’il a tracé d’un seul des siens et y pose une ligne nette qui le remplace. Un point d’exclamation.

Ça crève les yeux que t’es intelligent.
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MessageSujet: Re: -| "Sometimes you feel like you don't have a body" |- {Libre}   Dim 20 Mar - 16:21


    Que fais-je ici ? La question reste en suspens dans mon esprit, car peu importe le temps que j’ai passé à essayer de lui trouver une réponse, cette dernière m’a toujours été refusée. Je n’ai pas de but précis à part celui d’errer sur cette Terre sans carte ni boussole pour me repérer, sinon l’Etoile que je suis depuis ma naissance. Elle a brillé trop fort avant mon arrivée, rendant tous mes exploits, si jamais j’en ai accompli, aussi vains qu’ordinaires.

    Que fais-je ici ? Je suis le faire-valoir d’êtres bien plus étincelants que moi, bien plus doués. Je n’en veux à personne pour ça. C’est la vie. Nous ne sommes pas tous voués à la lumière. Je l’accepte et continue d’avancer vers mon horizon trouble, sans jamais me perdre car je ne me suis jamais réellement trouvé. Mais ce n’est pas grave.

    L’ange se pose à côté de moi, l’air de vouloir accroché mon regard. Je la laisse faire, laissant son ennui la pousser à s’intéresser aux contours vide que mon corps pose sur mon âme. Je n’ai pas peur de lui montrer que je ne suis rien, car je sais que bientôt, elle oubliera notre rencontre. Mais j’apprécie l’attention éphémère et me laisse porter par l’instant présent et par son sourire qui, je l’avoue, me réchauffe par sa radiance. C’est sous cette chaleur que je me rends compte que j’ai eu froid à chaque instant de ma vie passée dans l’ombre.

    -  T’es une sorte de génie des maths ou un amoureux de l’océan ?

    Je pince les lèvres et plisse les yeux, amusé. Rien n’est plus faux que chacun des mots qu’elle a utilisé pour tenter de me définir. Je détourne le regard et exhale, touché mais pas convaincu. Car je ne suis pas un génie. Encore moins des maths, qui ressemblent plus à un autre langage pour moi qu’à autre chose. Pour être amoureux, il faut savoir qui l’on est et ce qui nous fait vibrer. Quant à l’océan, il est trop grand, je m’y perdrai encore plus. Non, je ne suis rien de tout ça. Mais c’est gentil de demander.

    Elle se penche alors et un point d’exclamation se dessine sous ses doigts, annihilant ma question. Je la regarde faire, me demandant si elle comprend le secret caché dans les grains qu’elle vient de repousser. Et si oui… Pourquoi ? Il me semblait qu’elle était celle qui avait des questions à poser à l’océan, pas celle qui avait des réponses à donner à un fantôme. Je regarde ce nouveau symbole, essaie de le voir vraiment. Il y a quelque chose de beau dans cette affirmation muette qui m’échappe. Mais la réponse n’est pas ici, car l’ange ne connaît même pas la question. A moins que je sois transparent.

    -  Ça crève les yeux que t’es intelligent.

    Ce constat venu de nulle part prouve que non, je ne suis pas si transparent que ça, alors. Je ne sais pas qui elle voit quand elle me regarde, mais c’est un autre. Le génie des maths, sûrement. Ce n’est pas moi. Est-ce que cela devrait m’étonner, que la seule personne qui me regarde ne parvienne même pas à me voir ? Est-ce que c’est censé me blesser ? Parce que je dois avouer n’être ni surpris, ni offensé. J’ai l’impression que j’aurais pu le prédire. Je suis désabusé, et c’est ça que je trouve triste. Parce que je n’ai même pas la volonté de lui montrer pourquoi elle se trompe. Ni à quel point ce n’est pas grave, puisqu’après tout, ce n’est pas moi qui appelait à l’aide. Je souris tristement, sans la regarder.


« “Les mots de vérité manquent souvent d'élégance. Les paroles élégantes sont rarement vérités.” C’est de Lao-Tseu. Ca veut dire que ce n’est parce qu’une parole est plaisante à entendre qu’elle est forcément vraie. Mais merci du compliment. »

    J’efface d’un coup de main son point d’exclamation ainsi que les traces de mon point d’interrogation en dessous puis reporte mon attention sur elle. Il nous sera beaucoup plus aisé de nous intéresser à son âme. Plus de choses à explorer. Plus de trésors à découvrir.


« Quel message voulais-tu mettre dans ta bouteille, si ce n’est pas trop indiscret ? »

    Et que l’océan soit témoin du jour où un ange s’est confié au vent.

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